
Gemini dans Siri : le pari contre-nature d'Apple et Google
Le nouveau Siri s'appuie sur les modèles Gemini de Google, dans le cadre d'un accord à un milliard de dollars par an. « La collaboration se passe bien », assure Tim Cook. Analyse d'une alliance qui dit tout du marché.
C'est l'alliance que personne n'aurait pariée il y a trois ans : le nouveau Siri repose sur une version des modèles Gemini de Google, adaptée pour tourner sur l'infrastructure privée d'Apple, dans le cadre d'un accord estimé à un milliard de dollars par an. « La collaboration avec Google se passe bien », a confirmé Tim Cook, la refonte de l'assistant étant attendue avec la prochaine génération d'iOS.
Pourquoi Apple a cédé
Après des années de retard accumulé — le « nouveau Siri » promis en 2024 avait été repoussé à plusieurs reprises — Apple a arbitré en industriel : acheter le meilleur moteur disponible plutôt que de laisser l'iPhone décrocher face aux téléphones Android gavés de Gemini. Ses propres modèles continuent d'exister pour les tâches locales, mais le cœur conversationnel vient de Mountain View.
Ce que Google y gagne
Pour Google, l'accord est une victoire stratégique majeure : après la recherche par défaut, c'est l'assistant par défaut de plus de deux milliards d'appareils Apple qui repose sur sa technologie. Une rente — et un argument de poids dans le récit « Gemini a gagné la course », au grand dam d'OpenAI, un temps pressenti.
Les questions qui fâchent
Deux ombres au tableau : la concentration — les régulateurs, qui ont déjà condamné les accords de recherche Apple-Google, examineront celui-ci de près — et la souveraineté produit d'Apple, désormais dépendante de son plus vieux rival pour la brique la plus stratégique de la décennie.